Chez Séverine

Ses lectures et autres passions

28 octobre 2007

Mangez-moi de Agnès Desarthe

"Suis-je une menteuse? Oui, car au banquier, j'ai dit que j'avais fait l'école hôtelière et un stage de dix-huit mois dans les cuisines du Ritz. Je lui ai montré les diplômes et les contrats que j'avais fabriqués la veille." C'est ainsi que Myriam, l'héroïne du roman, a eu son emprunt à la banque et a pu ouvrir son restaurant qu'elle baptise Chez moi. Ce nom est d'autant plus réaliste que c'est aussi là qu'elle vit n'ayant pas les moyens de payer un loyer. Myriam rêve son restaurant comme un lieu de rencontre, de plaisir gastronomique. Idéaliste, elle s'imagine un peu l'endroit comme un phalanstère où règne une vie communautaire harmonieuse. A sa propre surprise, son restaurant marche très bien devient vite un endroit incontournable du quartier. Vincent, le fleuriste, offre ses produits pour embellir l'endroit. Simone et Hannah, deux amies étudiantes, élisent Chez moi comme leur cantine et Ben, jeune étudiant, devient un peu le gestionnaire de l'endroit. Entouré de ses nouveaus amis, Myriam cache une terrible blessure : son fils Hugo qu'elle n'a pas revu depuis des années. Au fil du roman, on apprend le passé de Myriam et l'origine de cette blessure.

Mon avis : j'ai bien aimé, je suis vite rentrée dans l'histoire de Myriam : rêveuse avec un passé trouble. Les personnages sont attachants. Au fur et à mesure du roman, l'auteur dévoile le passé de Myriam et les raisons qui l'ont amené à ouvrir ce restaurant. Ce n'est pas un roman très réaliste : le restaurant marche bien, les voisins / habitants du quartier sont là pour l'aider : ils forment une communauté solidaire, s'entre aident, il n'y a pas de concurrents antipathiques, de jaloux... Mais c'est une lecture agréable et bon pour le moral.

Note : 3.5/5

Posté par severine99 à 09:53 - Roman français - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 octobre 2007

Le cri du peuple de Jean Vautrin

Le roman a pour toile de fond la Commune de Paris de 1871. Suite à la guerre entre la France et la Prusse et l'avancée des troupes ennemies dans la capitale, le gouvernement français s'est retiré à Versailles ce qui provoque la colère et la révolte du peuple de Paris. La ville est à feu et à sang, la famine guette... Le peuple de Paris (les Communards) prend les armes contre les militaires (les Versaillais) pour essayer d'établir de nouvelles règles démocratiques. C'est la confusion totale, les bâtiments brûlent, les habitations sont saccagées, des barricades sont érigées...Dans ce tourbillon, divers personnages vont se rencontrer, des personnages au destin singulier. Grondin, ex-taulard, rongé par le ressentiment partage un lourd secret avec Antoine Tarpagnan, capitaine de la garde nationale devenu un héros car il a refusé de tirer sur la foule. Ce même Tarpagnan, bel homme, a une passion pour les femmes et particulièrement pour la prostituée Gabriella Pucci dit Caf'Conf.

Mon avis : très belle fresque historique et romanesque, les personnages sont attachants. Au fur et à mesure du roman, les personnages s'affirment, leur portrait psychologique est de plus en plus intéressant et affiné. La nature de l'être humain est révélée : tantôt admirable tantôt odieuse. C'est aussi une véritable intrigue policière doublée d'un fond historique. C'est captivant, bien écrit. Une vraie réussite. A découvrir.

Note : 4/5

Posté par severine99 à 08:52 - Roman français - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2007

Nu couché de Dan Franck

Lev Korovine, peintre d'origine russe installé à Paris au début du XXème siècle s'est engagé comme volontaire lorsque la première guerre mondiale éclate. Il est incorporé dans une section de camouflage (la technique des formes a été développée par les cubistes). Blessé pendant une embuscade, il reste aux côtés d'un camarade Félix pendant plus de onze heures avant d'être évacué. Lui s'en sortira, pas Félix qui agonisant n'a cessé de lui murmurer le nom d'une jeune femme : Mareva. Revenu à  Paris, Lev constate qu'il ne peut plus peindre : les horreurs des tranchées, la monstruosité de la guerre l'ont transformé. Il n'a qu'une obsession : retrouver Mareva. Pour y arriver, il est prêt à traverser l'Europe...

Mon avis : très beau roman, pour tous ceux qui aiment l'art, l'histoire. Je l'ai découvert grâce à Nanne, son commentaire se trouve ici. L'auteur décrit le retour difficile de Lev à une vie normale : mais comment y arriver après avoir vécu l'horreur des tranchées .
L'action du roman se situe à Paris dans le quartier de Montparnasse principalement, l'auteur nous fait revivre avec émotion l'époque où des artistes (Soutine, Max Jacob, Foujita, Modigliani, Picasso..) vivaient dans cet arrondissement, ils côtoyaient leurs modèles, les prostitués, fréquentaient le café de la Rotonde. Ils étaient tous plein d'énergie, d'une incroyable richesse artistique et pour la plupart sans le sou. L'auteur décrit avec justesse la solidarité qui les unit.
Roman à découvrir, très plaisant à lire.

Note : 4.5/5

Posté par severine99 à 19:55 - Roman français - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 octobre 2007

Un dernier verre avant la guerre de Dennis Lehane

Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont amis depuis l'enfance, ils ont grandi  à Boston. Ensemble ils ont fondé une agence de détectives privés. Un jour ils se voient confier par des politiciens la mission suivante : retrouver une femme de ménage noire qui a emporté des documents confidentiels. Rien de bien exceptionnel en apparence, les deux détectives retrouvent facilement sa trace mais elle se fait assassiner sous leurs yeux. Commence alors la véritable enquête : pourquoi cette femme de ménage s'est fait assassiner, que savait-elle... Patrick Kenzie et Angela Gennaro enquête dans Boston sur fond de guerre des gangs...

Mon avis : très bien, l'histoire est prenante mais le plus intéressant et le plus réussi est la description du duo des détectives aux personnalités complexes et la retranscription de l'atmosphère de la ville. Dennis Lehane dresse un constat accablant sur le racisme, les préjugés de toutes les communautés, la misère sociale et tout ce qu'elle peut entraîner. C'est autant un roman policier qu'un roman social. Cela m'a fait penser à un autre écrivain américain George Pelecanos qui décrit aussi très précisément et justement les tensions raciales. 
Dennis Lehane est l'auteur de Mystic River porté au cinéma par Clint Eastwwod avec Sean Penn, Kevin Bacon et Tim Robbins.

Note : 4.5/5

Posté par severine99 à 19:11 - Policier - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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